Mon cher psychiatre

Mon cher psychiatre

Ecrite par: Nesrine Aouinti

Psychiatres de ce monde, vous nous faites du mal.

Mon cher psychiatre, tu m’as fait du mal.

Psychiatres de ce monde, révoltez vous contre ces traitements inhumains que vous administrez à vos semblables.

Mon cher psychiatre, je suis un être humain.

Un être humain qui a le droit d’avoir mal.

Un être humain qui a le droit de crier son indignation et sa rage.

Société capitalise de merde ! Laboratoires pharmaceutiques de merde ! Mon cher psychiatre, je te plains et j’ai pitié de toi.

Je sais que tu crois faire du bien à ce qu’on appelle « patient » mais réfléchis bien : Est-ce logique de condamner la tristesse, la colère, la peur, l’angoisse et toutes autres émotions intenses comme symptômes maladifs ? C’est drôle et j’en ris tant c’est inconcevable !

Psychiatres de ce monde, les hommes ne sont pas des cobayes. Psychiatres de ce monde, vous vous servez de tout un arsenal médicamenteux (bon, nommons les choses comme elles sont : un arsenal de drogues « dites » légales) pour endormir la douleur.

Mon cher psychiatre, je me souviens du jour où je t’ai annoncé que je voulais arrêter de prendre Zoloft, ta réponse fut : ESSAYONS autre chose, ESSAYONS Deroxat, c’est une toute autre molécule.

Ah bon ?! Je suis un rat d’essai ? Pourquoi ne pas simplement avoir suivi MA volonté d’arrêter.

A cet instant, je me suis rappelée de l’industrie des régimes dits miracles : Lorsqu’une méthode ne marche pas, hop ! On en essaye une autre.

Mon cher psychiatre, dis-moi, tu as déjà fait un régime ?

Psychiatres de ce monde, honte à vous !

Vous êtes censés être des médecins, des docteurs, des guérisseurs et non pas serviteurs du capitalisme conformiste.

Beaucoup riront de ce que je dis, je ris moi aussi.

Je ris car quand je vais expliquer ce que j’entends par capitalisme conformiste, nous formerons tous un cercle et nous rirons de la facilité avec laquelle on nous a eus.

Ce siècle, « le plus avancé », « le siècle de la technologie », le siècle des découvertes, du clonage, des droids … Ce grand XXI siècle est en train de nous ôter le peu d’humanité qui nous reste.

Ce siècle demande du travail encore et toujours.

« -Il faut être compétitifs, disent-ils, nous devons nous conformer aux exigences du marché mondial » Qu’en est-il du bien-être des travailleurs ? Qu’en est-il du marché local où les prix flambent ? Le pauvre homme ! Il risque d’être remplacé par des machines car elles, elles n’ont pas besoin de neuf heures de sommeil. « -Toujours plus ! Encore plus vite ! » Tout le monde se soumet à des moules et si l’on ose faillir à la tâche, on vous condamne, on vous marginalise, car vous n’êtes plus productifs ! Vous ne valez rien ! On vous pousse au suicide !

Et voici ce cher psychiatre qui vous promets de vous réintégrer à la course (comme si pour être heureux, on devait suivre le chemin déjà tracé par la seule loi : l’Argent).

Pauvre homme te voilà pris au piège des laboratoires et de plus tu payes pour ta destruction. Bah quoi ? Tu ne servais plus à rien, tu tentais de t’échapper, tu tentais de respirer cependant qui va payer pour ces châteaux des milliardaires ? Et bien, c’est toi !

Bravo pauvre homme, tu aides les riches à s’enrichir encore plus sur le dos de ton malheur.

Ah ! Je m’égare, revenons à toi mon cher psychiatre, je ne suis pas malade, je suis un être humain.

Je t’aimais bien tu sais, c’est pour cela que je te conseille une chose, si tu veux vraiment aider les gens : change de métier.

P.S : Vous ne m’aurez pas !

Cordialement,